Aménagement

Ces communes qui rêvent d’une nouvelle place de village

Tous les villages ne disposent pas d’un lieu central où réunir la population. Certaines opportunités permettent toutefois à des projets d’envergure de se dessiner. Mais certaines conditions sont nécessaires, telles la maîtrise du foncier et l’apport de fonds propres. Le rêve s’appuie toujours sur du concret.

Toutes les communes n’ont pas la chance d’hériter d’un point central, historique, qui fait office de lieu de rassemblement.
Toutes les communes n’ont pas la chance d’hériter d’un point central, historique, qui fait office de lieu de rassemblement. - Genolier
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Toutes les communes n’ont pas la chance d’hériter des siècles passés d’un point central, historique, qui fait office de lieu de rassemblement. Si Nyon possède son château avec sa vaste place, dont la Ville a fait évacuer progressivement les voitures pour permettre à des commerces et terrasses de se déployer, Gland ne peut en dire autant. Coincé entre le chemin de fer et l’autoroute, la ville qui compte aujourd’hui 14’000 habitants travaille à créer, à défaut d’un lieu central, plusieurs centralités (lire encadré).

Les villages aussi se cherchent parfois une véritable place du village. C’est le cas de Genolier. Commune à la fois résidentielle et hôte d’un centre scolaire régional, le bourg est traversé en son centre par quatre routes cantonales qui se rejoignent autour d’une fontaine, certes vénérable, mais qui fait surtout office de rond-point. L’idée de créer une place centrale est apparue presque naturellement il y a une quinzaine d’années. Mais c’est véritablement depuis 2021 qu’un tel rêve est devenu prioritaire, à l’arrivée des nouvelles autorités.

A environ 200 mètres au sud de ce cette fontaine centrale, se trouve en effet une imposante zone où s’est développé progressivement le vaste complexe scolaire et où les pompiers régionaux ont installé leur caserne. C’est aussi là que se trouve un parking en plein-air. L’idée semble évidente : enterrer le parking et profiter de ce parterre pour développer des activités, et deux bâtiments. « Notre souhait est de faire se rencontrer la population dans un environnement propice à la détente et aux contacts », détaille Pascal Colombo, municipal à Genolier. Qui poursuit : « L’enjeu est aussi d’y convier les enfants et les adolescents, les actifs et les seniors. » Mixité, donc.

Maîtriser le foncier

Pour réussir cette mixité et garantir une animation permanente, un bâtiment plurifonctionnel accueillera le Centre médico-social régional, mais aussi les bureaux de l’administration scolaire, une crèche, un nouveau centre pour les jeunes et quelques commerces. Un second bâtiment, lui, disposera d’une vingtaine d’appartements, dont certain protégés. Ce rêve global s’appuie toutefois sur une part de concret, en l’occurrence du patrimoine foncier. Genolier est en effet propriétaire des parcelles principales. Mais c’est véritablement l’acquisition, il y a une année, d’une parcelle voisine qui a permis au projet de se dessiner. D’ailleurs, pour acheter ce terrain manquant, les autorités ont puisé dans un fonds alimenté par la vente de terrains abritant des chalets sur la commune de Saint-Cergue, et jusque-là mis à disposition des propriétaires via des droit de superficie. Dès lors, le montage financier apparaît plus clair : les locations des locaux et appartements permettront de payer les charges liées à l’enterrement du parking. En partie du moins. Le recours à l’emprunt s’avérera vraisemblablement nécessaire.

Profiter des opportunités

A Gingins, la donne est sensiblement la même : pas de place de village mais un grand parking à ciel ouvert à l’extrémité duquel se tient une vénérable salle communale, inaugurée en 1965 mais qui montre de grands signes d’usure. Et plutôt que d’intervenir régulièrement pour panser les plaies du bâtiment, il a été choisi de le raser pour en reconstruire un neuf, à la pointe des attentes d’utilisation et d’efficience énergétique. Or il se trouve que le village possède, de l’autre côté du parking, un petit bâtiment, lequel a abrité le bureau postal jusqu’à sa fermeture en 2017. « Dès le moment où nous avons choisi de reconstruire, nous avons élargi notre réflexion pour animer un périmètre plus grand, qui serait le nouveau cœur du village », explique Hans Brunner, syndic de Gingins.

Ainsi donc la nouvelle salle communale, qui a fait l’objet d’un concours d’architecture, aura dans son dos le complexe sportif actuel, et devant elle un parterre débarrassé des voitures. Comme à Genolier, la commune a pu engranger un peu d’argent en vendant des terrains jusque-là loués en droit de superficie. Surtout, elle table sur une parcelle, objet d’une promesse de vente aux Retraites populaires qui y construiront un EMS. Maîtrise du foncier et apport de fonds propres seront complétés d’un recours à l’emprunt.

Dans le cas de Genolier et Gingins, la décision d’un tel investissement, qui redessinera en partie les villages, sera prise par le Conseil communal dans les mois qui viennent.   

Gland opte pour une autre stratégie

Gland n’a donc pas de centre historique. Qu’importe ! Depuis quelques années, les autorités locales ont opté pour le développement de plusieurs centralités. La métamorphose progressive de la gare en est un exemple, la rénovation du vieux bourg un autre. Là, en effet, devant la maison de commune, tout a été repensé. Les voitures ont été en partie déplacées et des arbres coiffent désormais un parterre invitant à la flânerie.