Association Horizon Léman

«De nombreux métiers vont se créer dans l’immobilier»

Ex-rédactrice en chef du magazine PRESTIGE immobilier
Veröffentlicht am 24.10.2022

La transition énergétique nécessite la création de centaines de milliers d’emplois. La Suisse connaît pourtant une pénurie de ressources, tant en matières premières, énergie et surtout main-d’œuvre. Décryptage lors de la soirée Horizon Léman.

Les membres réunis au 16e étage de la Tour RTS à Genève ont écouté l’intervention de deux experts.
Les membres réunis au 16e étage de la Tour RTS à Genève ont écouté l’intervention de deux experts. - DR
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Les emplois du futur vont définitivement se trouver dans le domaine de la transition énergétique. C’est le constat relevé par de nombreux experts, notamment dans le cadre de l’objectif «zéro émission de carbone en 2050» de la Confédération. Cela va entraîner de facto la création de nouveaux métiers tels que élétrochimiste, diagnostiqueur de systèmes énergétiques, solarteur ou encore intégrateur de systèmes durables. Le 13 octobre, à l’occasion de la 4e édition de sa soirée d’automne, l’association Horizon Léman organisait justement une conférence sur la thématique des nouveaux métiers de l’immobilier. Quelque 130 membres ont fait le déplacement jusqu’au 16e étage de la Tour RTS à Genève pour écouter deux experts en la matière: Frédéric Dreyer, docteur en sciences à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et François Guisan, directeur opérationnel chez Osmia Advisors.

Recycler, réutiliser, revaloriser

Les deux orateurs sont sur la même longueur d’onde lorsqu’ils évoquent l’état actuel de la planète – pénurie de ressources, dérèglement climatique, crise énergétique – qui va entraîner un changement de paradigme, notamment le boom du renouvelable et des solutions durables. Et d’office, la création de milliers d’emplois dans le secteur de l’immobilier et du bâtiment. François Guisan note: «Le parc immobilier en Suisse est vétuste. Cependant, il est nécessaire de se focaliser sur le dialogue interprofessionnel et faire en sorte que tout le monde collabore dans un même objectif de durabilité.» Il est indispensable de préserver au maximum les ressources, en réutilisant, recyclant et revalorisant les matériaux par exemple. «Les bâtiments sont des sources inépuisables. Plutôt que de les démolir, il faut les déconstruire et récupérer tout ce qui est récupérable.» Le directeur d’Osmia suggère de créer des ressourceries, soit des sortes de marchés de seconde main de l’immobilier en récupérant, par exemple, des escaliers, des volets, des garde-corps, des dalles en béton ou encore des vitres. «Par la suite, le secteur a besoin d’experts qui puissent les stocker, les réutiliser, garantir leur qualité et leur fonctionnalité. Beaucoup de métiers doivent évoluer.»

Autre constat de François Guisan: «Tous les métiers doivent définir clairement leurs ambitions en termes d’objectif de durabilité, en choisissant, par exemple, une certification et s’y tenir. Les professionnels du secteur devraient avoir une méthodologie de travail qui soit prise en main par un conseiller spécial qui accompagne le maître d’ouvrage. Les immeubles devraient produire des données qui permettent ensuite de mieux comprendre leur fonctionnement. Il faudrait ensuite une personne qui arrive à interpréter ces données. Des sortes de «généralistes de l’immobilier» qui pourraient être des ingénieurs et auraient suivi une formation continue.» François Guisan souligne aussi la nécessité d’amener de l’intelligence digitale dans les bâtiments, donc des personnes compétentes en la matière.

Attirer les jeunes dans le secteur

Le docteur en sciences Frédéric Dreyer a quant à lui insisté sur la nécessité de la formation. «De nombreux métiers vont se créer, notamment dans le digital. Il faut rapidement mettre des formations en place ainsi que des formations continues.» Pour cela, les cantons, les acteurs de la formation mais également les entreprises privées devraient pouvoir répondre en se coordonnant aux besoins du marché. Frédéric Dreyer estime également qu’il faut revaloriser certains métiers afin de redonner envie aux jeunes de travailler dans ce secteur. Il assure que l’innovation va permettre de réduire la pénibilité de certains métiers. «Ce qui peut être automatisé le sera. La digitalisation permettra de décarboniser des infrastructures immobilières et industrielles. L’intégration de systèmes intelligents type capteurs et systèmes de pilotage des ressources du bâtiment permettent déjà de réduire de 40% leur consommation énergétique et de générer la création de nouveaux métiers.»

Les entreprises doivent ainsi être agiles en répondant au mieux aux besoins du marché, tout en créant des postes attractifs pour leurs futurs collaborateurs.

Concours

Lors de la soirée, le président de l’association Horizon Léman, l’avocat Yves de Coulon a relancé le concours INNOVATION@MIPIM 2023 qui récompensera des entreprises du secteur de l’immobilier proposant un produit ou un service particulièrement innovant sur le thème des nouveaux métiers de l’immobilier. Les dossiers seront analysés sur la base de leurs performances technologiques, économiques et environnementales, sociales, leur caractère innovant et la chance que la solution proposée a de s’imposer sur le marché. Délai de postulation au 30 novembre à communication@horizon-leman.ch.

Deux événements annuels

Horizon Leman est une association qui réunit les professionnels de l’immobilier lémanique. Elle compte 148 membres des secteurs public et privé et organise deux événements annuels, la soirée d’automne avec une conférence sur une thématique en lien avec l’immobilier et un stand au salon du MIPIM à Cannes (du 14 au 17 mars 2023). Rappelons que le MIPIM réunit chaque année 20’000 professionnels de l’immobilier venant de 100 pays différents sur une surface de 18’500 m2 d’exposition. La Suisse romande y a un stand depuis 1996.