Des Cimes sur lesquelles s’éclater et dans lesquelles se reposer
Après 15 ans d’inactivité, avec sept appartements à louer et de multiples activités proposées, l’hôtel de Tête-de-Ran s’apprête à devenir un site touristique. Et à refaire battre le cœur des Neuchâtelois.

Lorsqu’on le rencontre sur «ses» Cimes qui culminent à 1420 mètre d’altitude, Julien Bouille pose le décor. Pour peu qu’il en ait besoin dans ce lieu entouré de pâturages, de vaches broutant au milieu de gentianes avec, au loin, une vue imprenable sur les trois lacs et les Alpes. De ce cadre unique, l’entrepreneur chaux-de-fonnier s’est bien donné pour défi d’en faire un lieu touristique inégalable. «Un endroit où les gens ont envie de venir bien sûr mais surtout de rester.»
Quand on voit le potentiel qu’offre un tel endroit, c’est inconcevable de ne pas l’exploiter .
Jusqu’ici entre les mains d’un promoteur genevois ayant fait faillite, des tentatives de rénovations avaient été entreprises sur le bâtiment. «Mais ça s’apparentait plus à un parc d’attraction», déplore celui qui a déposé la demande de permis de construire durant la dernière semaine du mois d’août 2026. Sans attendre toutefois d’entreprendre les travaux d’assainissement urgents. Soit assurer l’étanchéité de la toiture et des terrasses. «Une nécessité avant d’engager la rénovation des neuf unités que compte cette PPE.»
Une ambiance totale cosy
Des espaces qui seront transformés en sept logements de vacances proposant quelque 35 lits, de même qu’un appartement pour résident fixe. «Et une zone, au sous-sol, qui pourra éventuellement servir d’endroit où prendre, sur demande, un petit-déjeuner ou être loué pour des soirées à thèmes, fondues par exemple, ou autres», relève le futur patron. Avant d’insister sur le fait qu’il n’y aura pas de service hôtelier. «Chaque appartement possèdera du reste sa cuisine et sa salle de bain. Ça s’apparentera plus à du B&B».
Mais un lieu qu’il veut en tout cas cosy. Dans cette optique, il n’a du reste déjà pas mal d’idées. «La décoration aura une forte identité campagnarde, voire montagnarde. Il pourrait y avoir des fours à bois. Et même si c’est encore trop tôt pour dire laquelle, terre, verte, ocre ou autre, la couleur des façades, elle aussi, s’intégrera totalement au paysage.
C’est très important que les touristes se sentent en totale adéquation avec le lieu si l’on souhaite qu’ils y séjournent.» D’ailleurs, Julien Bouille ne vise pas uniquement des visiteurs venus de très loin. «Des gens du Littoral neuchâtelois pourraient même avoir envie de s’extirper un week-end ou quelques jours de leur grisaille automnale.»
Du parapente au sentier historique
D’autant que le futur exploitant bouillonne déjà d’idées quant aux activités à proposer. Car telle est l’idée. Faire du lieu un site touristique avec de nombreux loisirs auxquels s’adonner durant les quatre saisons. Tels du ski de fond ou de randonnée avec ou sans moniteurs, des raquettes, du parapente ou du vol biplace, sans compter que des vélos seront à louer aux Cimes. Normal pour le propriétaire qui a géré un magasin de cycles jusqu’ici. Et dans cette perspective, Julien Bouille est déjà en discussion avec quelques associations du coin. Notamment avec ADVAT (Association de développement la Vue-des-Alpes-Tête-de-Ran).
Mais les activités sportives ne sont pas les seules chères à ce touche à tout qui dit «vouloir faire revivre ce patrimoine cher au cœur des Neuchâtelois», historiquement parlant également. Et d’évoquer notamment la route commerciale que fut Tête-de-Ran qui a servi de relais aux diligences. Tout en évoquant le sentier à découvrir le long duquel une soixantaine de photographies provenant de la Bibliothèque de La Chaux-de-Fonds relatent l’histoire du lieu.
Complémentaire pas concurrentiel
Et l’hôtel de la Vue-des-Alpes, qui a rouvert ses portes cette saison ne s’apparente-t-il pas à une concurrence? Julien Bouille ne le voit nullement ainsi. «C’est plutôt une offre complémentaire. Nous ne proposons pas les mêmes services. «Les Cimes» se sont des appartements sans prestation hôtelière. L’hôtel de la Vue-des-Alpes, pour sa part, des chambres avec le service qui incombe à un tel établissement ainsi qu’un restaurant», différencie-t-il. «Cela permettra de faire du lieu un site touristique dans un canton qui en manque cruellement malgré ses capacités.»
Quant au bâtiment qui héberge des réfugiés situé juste à côté de l’ancien hôtel, cela ne pose-t-il pas de problème? «Il n’y en a jamais eu aucun avec eux. Par ailleurs, ils devraient quitter les lieux d’ici 2030», assure Julien Bouille.
Qui regarde le ciel de «la bosse» de Tête-de-Ran, en espérant que la météo du printemps permettra d’avancer les travaux, «car du boulot, il y en a» afin de pouvoir ouvrir les portes des Cimes en 2027, année où La Chaux-de-Fonds deviendra la première Capitale culturelle suisse.
