Edito de décembre 2022/janvier 2023: un degré de plus!

Que va-t-il se passer cet hiver? Selon que l’on est propriétaire ou locataire, selon que l’on est chauffé au gaz ou au mazout, se verra-t-on imposer des températures inférieures à 20 degrés?

La menace existe très concrètement. Même si la situation ici n’a rien de comparable avec celle que connaissent des millions de personnes en Allemagne - où la majorité du parc locatif est dépendante de l’approvisionnement en gaz et où certains ont décidé, unilatéralement, de ne chauffer qu’à 17 degrés - il existe tout de même des risques de dérapage en Suisse aussi. En effet, certains semblent être tentés de faire du zèle, sous prétexte d’un risque de pénurie, mais aussi pour faire des économies et se donner une image plus «verte».

Pourtant, nous ne pouvons que leur conseiller la prudence. A la fois, car le spectre d’une pénurie d’électricité s’est éloigné pour cet hiver au moins en Suisse. Et parce que les décisions de justice ont jusqu’à maintenant indiqué que les locataires ont droit à une température de 20 degrés dans leur logement. La jurisprudence affirme qu’en dessous de 18 degrés, nous sommes face à un «défaut de bien loué», au même titre qu’un ascenseur en panne lorsqu’on habite dans des étages élevés. Autrement dit, les locataires seraient alors en droit de demander une indemnité. Dans l’intervalle, certains se frottent les mains. Non pas qu’ils espèrent se réchauffer ainsi, mais parce que l’on assiste à un boom des ventes des radiateurs électriques et des thermomètres électroniques.