Innovation

Le BIM gagne du terrain

13.02.2023

Autrefois qualifié d'ovni numérique, le BIM ou modélisation des informations du bâtiment devient monnaie courante dans les projets de construction. Exemples à Genève et Lausanne.

Le BIM DAY GVA a eu lieu jeudi 2 février à Palexpo
Le BIM DAY GVA a eu lieu jeudi 2 février à Palexpo - DR
Diashow

Que ce soit le futur campus Pictet aux Acacias, le CERN ou encore l’Aéroport de Dubaï... plus aucune grande structure ne se passe du BIM, autrement dit: la modélisation des informations du bâtiment. Cet outil, qui demande de penser en termes de données, s’impose peu à peu sur les projets de construction comme l’ont démontré les nombreux orateurs présents au BIM DAY GVA, à Palexpo, début février. Lors de cet évènement (dont immobilier.ch était partenaire), divers cas concrets ont été détaillés et servent d’exemple pour le secteur comme l’a souligné Olivier Pellerin, CEO de la société Deteo: «Nous sommes à une époque où nous n’avons plus besoin de tout réinventer dans le BIM, les principes et processus sont établis maintenant, il suffit de transposer ce qui se fait de mieux ailleurs.»

Le métro lausannois se modélise en 3D

Parmi les récents projets BIM cités: celui de la ligne de métro M3 à Lausanne a fait figure de modèle. Pour rappel, le M2 qui traverse la ville de tout son long et circule depuis 2008 est incontestablement victime de son succès. Quotidiennement bondé, celui-ci a d’ailleurs transporté plus de 32 millions de passagers en 2019 et doit encore répondre à une demande croissante. «Face à l’augmentation de la population et un attrait grandissant pour les transports publics, nous allons transformer et moderniser la ligne de métro actuelle qui est déjà entièrement automatisée. En complément, nous allons construire le M3 sur 3,5 kilomètres de tracé souterrain», décrit son chef de projet Benjamin Paquet. Un vaste chantier qui se reposera donc sur des modélisations BIM. «Pour un projet de cette taille et de cette durée, le BIM va nous permettre d’anticiper les difficultés avant exécution, d’augmenter la fiabilité de nos documents pour estimer les coûts, le planning de chantier, etc. Nous allons également gagner en organisation logistique et en sécurité durant les travaux. Enfin, cet outil sera surtout utile pour communiquer plus efficacement, pour partager les informations et finalement exploiter par la suite les données issues des maquettes 3D», indique Sergio Carpintero, BIM manager des métros M2 et M3.

L’État de Genève accélère sa transition

De l’autre côté du lac Léman, l’État de Genève s’est lui aussi attaqué à la question du BIM, et ce, depuis 2021. Une base de données et un processus d’autorisation de construire BIM ont ainsi été développés et mis en place par une équipe dont Ophélie Vincendon est à la tête: «Cela permet de déposer les plans d’un projet non plus uniquement sous format papier ou PDF, mais également en BIM. C’est une option en plus qu’offre l’État et qui permet une meilleure compréhension de la maquette (3D au lieu de 2D) par l’administration, dès le départ, et réduit le nombre d’allers-retours dans le processus d’autorisation de construire.»

Les préavis étant réalisés directement sur la maquette, l’analyse dématérialisée des dossiers BIM pourrait ainsi accélérer ces démarches parfois quelque peu chrono- phages. D’autant qu’un système de pré-check en ligne est disponible pour vérifier en amont quels paramètres de la maquette ne sont pas conformes au dépôt de demande. «Grâce à cette préparation, nous gagnons une fois de plus un temps considérable puisque les dossiers déposés auront déjà éliminé certaines erreurs, c’est un outil précieux», ajoute la BIM manager. Serait-ce la fin d’une paperasse interminable? L’avenir nous le dira... demain.