Chantier

Le Musée de la Réforme renaît

Nouvelle entrée, nouvelle scénographie, nouvelles oeuvres... Métamorphosée, l'institution genevoise sera inaugurée fin avril après deux ans de lourds travaux.

le MIR sera à nouveau ouvert fin avril
le MIR sera à nouveau ouvert fin avril - DR
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Peintres, menuisiers et autres spécialistes s’activent jour et nuit pour tenir l’échéance du 26 avril, date d’inauguration du Musée international de la Réforme (MIR). En rénovation depuis 2019, cette institution genevoise qui accueille près de 25’000 visiteurs annuels devait se repenser. Une volonté émise par le propriétaire de la Maison Mallet, où le musée prend ses quartiers depuis près de vingt ans. «Souhaitant récupérer la cour intérieure du bâtiment pour l’usage des autres locataires, le propriétaire nous a proposé de transposer notre entrée principale, initialement dans cet espace, de l’autre côté de l’hôtel particulier pour gagner en visibilité en étant de plain-pied sur la cour de Saint-Pierre», indique le directeur du MIR, Gabriel de Montmollin.

(Re)penser les lieux autrement

A l’occasion de cette nouvelle organisation, le MIR en a profité pour se transformer de fond en comble, le tout chapeauté par le bureau d’architectes bâlois Christ & Gantenbein. A commencer par l’agencement des pièces. «Nous avons opéré une rotation à 180 degrés puisque le vestibule du musée sera installé dans l’ancien grand salon d’apparat et l’ancien accueil deviendra une salle d’exposition. Autrefois fractionné, l’accès aux pièces se fera en enfilade et des boîtes ont été créées dans les salles pour favoriser l’immersion et la compréhension de la Réforme», commente le responsable. Un dispositif de parois où seront intégrés plus facilement livres rares, tableaux, gravures remontant jusqu’au 16e siècle.

Mais outre cette scénographie revue et corrigée, le but de ces travaux visait également une meilleure conservation des objets exposés. Gabriel de Montmollin s’explique: «Compte tenu de la fragilité de cet édifice datant de 1723, nous étions limités technologiquement mais nous avons tout de même pu placer des filtres UV sur chaque fenêtre ainsi que des capteurs de part et d’autre pour contrôler le niveau d’humidité mécaniquement. La lumière et l’air trop sec/humide ne sont donc plus des menaces à présent.»

Il faut dire que la dernière rénovation majeure du MIR datait de son emménagement, en 2005, lorsque cette maison de particulier, dessinée par Blondel (l’architecte français), avait été troquée en musée de la Réforme. Depuis, seuls des agrandissements ont fait office de changement. Cette fois-ci, le MIR a vu les choses en grand et s’étale sur 100 m2 de plus, pour atteindre une surface de 600 m2 au total. Un espace nécessaire selon son directeur, notamment «pour consacrer cinq pièces à des expositions temporaires et répartir les 450 œuvres sur les deux étages du musée».

Une chose est sûre, même les habitués de cette institution seront surpris et redécouvriront ce musée. Afin de permettre aux Genevois de se réapproprier l’établissement, le MIR a justement prévu quatre jours d’entrée gratuite qui suivront l’inauguration officielle du 26 avril. Mais pour l’heure, place aux bâches, pinceaux et chassés-croisés d’artisans, tandis que les premières scènes prennent peu à peu elles aussi possession des lieux...