Les centres-villes suisses changent de modèle
Selon Wüest Partner, le commerce physique résiste mais se transforme: moins de boutiques traditionnelles, davantage d’alimentaire, de restauration, de services et d’expériences.

Les surfaces de vente suisses se réinventent sous l’effet du commerce en ligne et de l’évolution des habitudes de consommation. Depuis 2010, la consommation privée a progressé de plus de 22%, alors que le chiffre d’affaires du commerce de détail stationnaire n’a augmenté que d’environ 4%. Rapporté à la population et aux surfaces disponibles, ce chiffre d’affaires recule même d’environ 9%.

La mutation est particulièrement visible dans les centres-villes. En Suisse, les commerces non alimentaires ont diminué de 10% en dix ans, avec un recul marqué dans l’habillement, les livres et les TIC (technologies de l’information et de la communication), -26% chacun. À Genève, le centre-ville a perdu environ 80 magasins de vêtements depuis 2013, soit -25%. À Zurich, la baisse atteint 110 boutiques, soit -31%.
Des centres urbains davantage tournés vers l’expérience
À l’inverse, les usages de proximité progressent. Entre 2019 et 2025, le nombre de restaurants a augmenté de 6%, les commerces alimentaires de 14% et les services se sont fortement développés, avec 40% de sites supplémentaires depuis 2013.
Pour les propriétaires, l’enjeu est clair: les surfaces doivent devenir plus flexibles et mixtes, entre retail, restauration, services, showrooms et expériences. Les emplacements «prime» concentrent la demande, avec des loyers atteignant environ 11’000 chf/m²/an à Zurich et 7500 chf/m²/an à Genève. Malgré cette polarisation, Wüest Partner anticipe encore un léger recul des loyers de l’offre en 2026, de l’ordre de -0,8%.
