Arriérés de loyers

Une aide aux locataires en difficulté

Intitulé Domos, l'accord conclu entre l'Etat, l'Hospice général et les acteurs de l'immobilier permettra aux locataires temporairement précaires de conserver leur logement grâce à l'acquittement de leurs loyers arriérés.

Sont visés en particulier, les locataires de la classe moyenne inférieure qui ne bénéficient pas de l'aide sociale
Sont visés en particulier, les locataires de la classe moyenne inférieure qui ne bénéficient pas de l'aide sociale - iStock / Chainarong Prasertthai
Diashow

La crise liée au coronavirus n’aura pas été uniquement porteuse de mauvaises nouvelles. Au vu des importantes variations de revenus subies par de nombreux Genevois, pour la plupart fragilisés par des secteurs d’activité à l’arrêt pendant plusieurs mois, des enseignements ont été tirés. L’Etat, l’Hospice général et les acteurs de l’immobilier* ont mis sur pied un projet unique, nommé Domos, pour venir en aide aux locataires en difficulté financière passagère. Ceci en les acquittant de leurs arriérés de loyers.

En effet, le paiement du loyer figurant au premier rang des dépenses à assurer par les ménages à Genève, une solution concrète à l’enjeu de mise en demeure a alors été jugée nécessaire. «Les collectivités publiques doivent se doter d’outils d’intervention plus souples et plus rapides pour faire face aux situations d’urgence se présentant lors d’accidents de la vie», a rappelé Thierry Apothéloz, conseiller d’Etat chargé de la cohésion sociale, lors de l’annonce du mardi 22 février.

Eviter l’effet d’accumulation

Ce projet pilote qui débutera le 1er juin sera à l’essai durant deux ans et pourrait toucher entre 350 et 500 ménages. Sont visés en particulier, les locataires de la classe moyenne inférieure qui ne bénéficient pas de l’aide sociale. Entièrement financé par des fonds privés et sans dettes pour le bénéficiaire, ce mécanisme d’aide d’urgence soulagera également le bailleur en lui évitant une procédure d’évacuation à la fois longue et coûteuse. Ayant pour vocation d’être réactif au possible, Domos permettra donc de payer les arriérés de loyers en cas de défaut de paiement, d’éviter les résiliations de bail et surtout de remettre à flots les personnes concernées dans des délais très courts. «Ce dispositif se veut innovant et bienvenu, car son caractère préventif évitera une éventuelle accumulation de retards de paiements de loyers qui rend ensuite les choses très difficiles à rattraper», relève Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre immobilière genevoise. Dès cet été, Domos fera ainsi ses preuves en tant que solution face au problème croissant d’expulsions de locataires.

* Département de la cohésion sociale, Département du territoire, Hospice général, Union suisse des professionnels de l’immobilier, Chambre genevoise immobilière et Asloca.